Tout d’abord, qu’est ce que veux dire « un vrai bronze » ? C’est une question qui appelle beaucoup de réponses différentes. Comment savoir si cet objet est en bronze ? Ou bien comment expertiser cette sculpture en bronze ? S’agit il d’une fonte d’époque ?
Nous allons essayer d’éclaircir ces sujets.
Cet objet est il du bronze ?
En premier lieu, faisons appel à nos sens pour identifier la matière. Nous traiterons de l’authentification du bronze d’art dans la question suivante.
Le test sonore
Le bronze est utilisé pour les cloches pour ses caractéristiques musicales. Tapotez le avec le doigt et vous devez entendre un son clair, profond et prolongé agréable à l’oreille. Les autres alliages comme le régule produisent un son plus court et sourd. On peut comparer cette différence de sonorité à celle du verre et du cristal.
La sensation au toucher
Le bronze est un métal qui conserve le froid. Lorsque vous prenez la pièces dans les mains, elle doit être fraiche au toucher même dans une pièce tempérée. Les matériaux imitant le bronze sont beaucoup plus tempérés.
La couleur
Un bronze authentique est composé principalement de cuivre et d’étain ou de plomb, il a donc une teinte dorée légèrement orangée suivant la teneur en cuivre qui est souvent plus importante dans les bronzes anciens. Il est différencier du laiton composé de cuivre et de zinc, ce dernier est utilisé pour abaisser la température du point de fusion. Cela permet de le travailler plus facilement, il est utilisé dans la dinanderie pour la fabrication d’objets plus usuels et pour de petits objets de precision comme l’horlogerie. Sa couleur doré jaune est typique de cet alliage.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bronze
La patine naturelle
Les cloches anciennes, les sculptures décoratives en extérieurs comme les représentations équestres d’hommes illustres et les hublots de bateaux sont un bon exemple pour reconnaitre le bronze. En effet, elles sont souvent d’une teinte brun foncé mais surtout recouvertes de l’oxydation verte du cuivre. L’humidité créée cette « rouille » du cuivre.
Le poids
En soupesant l’objet, le bronze veritable doit paraître lourd pour sa taille, en comparaison, le régule, composé entre autres de plomb, d’étain et d’antimoine est deux fois plus léger.
Avec une densité de 8.8g/cm³, le bronze est un des alliages métalliques les plus lourds.
Ce sont deux choses assez différentes. Le bronze d’art est un therme très générique désignant l’utilisation de la fonte du bronze pour de la statuaire mais aussi pour des objets ornementaux ou plus usuels et décoratifs. On peut y inclure aussi bien les lampadaires dans les rues du Paris du XIXeme siècle ques les rambardes art nouveau ou bien les entrées de métro art nouveau dessinées par Hector Guimard.
a suivre
Comment authentifier les vraies sculptures en bronze ?
Ici également la question est multiple. Qu’est ce qu’une fonte d’art ? Qu’est ce qu’une fonte d’édition ? As t’on le droit de reproduire une sculpture en bronze ? Comment dater un bronze ? Une fonte posthume est elle authentique ? Le nombre de reproductions d’une sculpture est il légalement limité ? Nous allons vous apporter quelques éclaircissements.
Tout d’abord, un bronze est toujours issu d’un moulage à partir d’une sculpture unique faite dans différents types de matériaux, terre cuite, plâtre, bois, pierre…
L’oeuvre, destinée à être diffusée en plusieurs exemplaires, n’est donc plus unique, la question du vrai, de la copie ou de la reproduction est donc un peu floue.
On peut parler de faux seulement si il y a une erreur sur la qualité de l’objet, si la signature est imitée, si le bronze fait semblant d’être ancien ou que les droits des auteurs ne sont pas respectés.
Le but est donc de déterminer la qualité de l’oeuvre. S’agit il d’une reproduction récente qui n’a qu’un intérêt décoratif ou s’agit d’une oeuvre du vivant de l’artiste qui auras validé et corrigé la fonte ?
On vas donc s’intéresser à expertiser l’origine d’un bronze ancien à partir d’autres critères.
Dans la suite de ce te texte, nous allons authentifier les caractéristiques de fabrication, les marques apposées sur la statue, les époques de fonte et les provenances.
La provenance
Le graal du collectionneur, une provenance prestigieuse avérée garanti l’authenticité de votre buste romain antique tant désiré. Même si nous n’avons pas une collection digne du Louvre, nos acquisitions nous sont précieuses et leur origine contextualise la pièce. Une expertise peut donner une grande valeur à une pièce provenant d’une collection illustre. Un buste en bronze de Rodin transmis dans la même famille de génération en génération sera daté précisément, ses propriétaires connus et ainsi son authenticité est figée. Souvent, un tableau provenant de l’atelier de l’artiste, même non signé, peut affoler les enchères et atteindre un prix record. Rappelons que les archéologues, lors de fouilles sur un site par exemple auront toujours le soucis scientifique, lors de la découverte d’une statue mythologique grecque en bronze (rêvons un peu) noterons scrupuleusement le site, la date et l’emplacement afin de pouvoir situer de manière certaine la statue dans son contexte pour le futur.
Aspect visuel
La première approche concerne l’aspect général, est il agréable à regarder, le sujet convient il à votre collection, à vos gouts, vous semble t il expressif et de qualité ? Souvent cette analyse subjective permet d’éclairer son choix.
En effet, on peut accepter un coup de coeur pour une pièce récente non signée dans le but unique de décoration. On peut également avoir un coup d’oeil sûr pour un beau bronze ancien. Reste à le confirmer en l’inspectant d’avantage.
Les détails et la ciselure
L’alliage est utilisé depuis l’antiquité pour sa formidable capacité de restitution des détails.
La sculpture en bronze sort brute de son moule après la fonte, un ciseleur travaille à froid les petites imperfections éventuelles du métal. Trace de joint de moulage et petits détails sont révélés ou atténués par ce spécialiste des finitions. Le but est de rendre toute sa beauté originale à l’oeuvre. Cela demandant un temps de main d’oeuvre et du savoir faire, les détails perceptibles après examen sont un révélateur très fiable de l’origine de la statue. Rayures, petits trous ou surface grossière sont à proscrire. Ces défauts sont également révélateurs d’une pièce moulée plusieurs fois, on parle de surmoulage. L’oeuvre finit par perdre sa forme originale. On apprécie visuellement la nervosité de la sculpture et la finesse des lignes. Ce sont le signe d’un atelier de fondeur avec un grand savoir faire et de la proximité de l’oeuvre originelle sortie des mains de l’artiste.
Signatures et cachets authentiques
La signature du sculpteur, présente sur la sculpture originale, donne de précieuses indications aux experts, typographie, taille de la profondeur et parfois même fautes d’orthographes. Les fondeurs apposent souvent leurs cachets, justement appelés cachets de fondeurs, affichant leur savoir faire et sa provenance. Barbedienne, Valsuani, Susse et bien d’autres ont fait évoluer le logo de leur marque, nous permettant de retrouver une précieuse information sur l’époque à laquelle la fonte de notre bronze ancien a eut lieu. D’autres indications sont à découvrir, cire perdue, bronze, cachet de réduction Achille colas souvent marqués à l’aide d’une sorte de pince à sertir.
Il est admis que la signature dans la fonte est un signe d’authenticité, cependant d’autres fontes comme celles de Demetre Chiparus peuvent être signés à la pointe sur le socle en marbre.
Numéros de fonte
Avant la norme de 1968 aucune limite légale de nombre de bronze fondus n’est appliquée. Seuls certains fondeurs décident de numéroter certaines productions ou de leur appliquer comme Ferdinand Barbedienne un cachet or, une marque FB sur le bronze spécifiant une fonte de très haute qualité.
Au début du 20e siècle, certains artistes sculpteurs comme le groupe des 12, François Pompon et Georges Lucien Guyot on commencé à limiter et numéroter leur production pour préserver l’authenticité artistique de leurs créations. C’est en 1968 que l’état français légifère, à partir de ce moment, seront considérés comme originaux, 12 tirages, 8 exemplaires numérotés et quatre marqués EA pour épreuves d’artiste dont le sculpteur dispose à sa guise.
Fonte à la cire perdue ou au sable ?
Les époques de fontes
La technique de la fonte au sable a été utilisée au XIXe jusqu’au début XXe. Elle demande plus de montages et de ciselure et donc de main d’oeuvre.
La cire perdue à commencé à être utilisée au début du XXe puis est devenue la seule technique des ateliers de fonderie. Ceci nous donne une indication pour expertiser l’époque de la fonte.
Comment reconnaitre la cire perdue ?
Ce savoir faire permet une plus grande précision de reproduction de la sculpture. En observant l’aspect d’un bronze art déco fondu par Le Verrier et sculpté par Pierre le FAGAYS aussi dénommé Guerbe ou Fayral, la surface est très lisse et les détails ressortent, on peut presque voir les empreintes digitales de l’artiste dans le modelage d’une terre cuite.
La technique de la fonte au sable donne par contre plus de rondeur aux courbes d’un buste ancien d’élégante en bronze. Cet aspect donne une garantie sur l’époque de cet exemple de buste de femme XIXeme.
A contrario un faux XXe sera fait de façon quasi certaine à la cire ou à l’élastomère.
Les dessous des oeuvres
En retournant une statue on peut observer plusieurs choses:
Des courbures indiquant des coulures de cire.
La couleur des traces d’oxydations, le vert de gris du cuivre, prouvant son ancienneté, attention si il n’y en a que dessous et pas dans de petits recoins comme sur un bronze animalier du vivant de Barye par exemple, ce n’est pas cohérent. Le montage (à clavettes ?) est également déterminant, la présence de plâtre réfractaire ou encore l’épaisseur du cuivre.
Le socle peut être une indication, souvent dans un marbre à la mode de l’époque.
Comment reconnaitre le régule ?
Bien que ne possédant pas la précision et la finesse d’un buste ancien en bronze, certaines statues en régule sont néanmoins de bonne qualité et peuvent permettre d’acquérir une sculpture de grand maître à moindre prix. Utilisé dans la fonte d’objets d’arts pour sa facilité de fonte et son cout plus abordable que le bronze, il est néanmoins souvent recouvert d’une patine similaire à celles utilisées sur les objets d’arts en bronze véritable. Il est donc nécessaire de l’expertiser afin de s’assurer de la qualité de son achat.
Comment l’identifier ?
Prenons par exemple une paire de cormorans signés par Frécourt et montés en serre livres sur un socle de marbre. Cette sculpture art déco de qualité est en régule. On observe plusieurs signes permettant de l’authentifier. Une couleur grise métallique que l’on pourrait certifier en la faisant apparaitre avec une petite rayure dans un endroit peu visible, cependant, par respect pour cette belle sculpture animalière, on vas éviter de l’abimer et faire appel à nos sens et savoirs pour l’expertiser. Observons ces caractéristiques, son poids plus léger que le bronze, le son plus sourd, sa texture moins lisse et sa couleur grise que l’on peut apercevoir en retournant notre représentation animalière. A ce sujet, vous pouvez consulter notre article, comment reconnaitre du bronze, qui vous détaille beaucoup d’éléments d’authentifications pertinents.
Histoire de son utilisation
Depuis le milieu du XIXe siècle, il est utilisé notamment dans l’horlogerie et la décoration mobilière et dans les fontes d’arts. Gutemberg avec son invention de la presse à imprimer entre 1397 et 1400 à Mayence en Allemagne utilisait déjà cet alliage métallique pour couler ses caractères d’impression. On noteras que l’imprimerie existait déja au VIIe siècle en asie avec des planches de bois.
Pour ce qui nous intéresse, c’est au milieu du XIXe que les fondeurs ont généralisé cet alliage, la guerre de 1914 – 1918 à accéléré cette production, le cuivre étant prioritairement affecté aux militaires notamment pour les munitions. On retrouve beaucoup de sculptures allégoriques à cette période comme la victoire, l’agriculture ou la renommée. Une mode inspirée des représentations allégoriques en vogue au XIXe, des statues d’inspirations antiques représentant alors des figures mythologiques.
Technique de fabrication
Le régule est un alliage métallique de plomb, d’étain et d’antimoine, toutefois, par usage, les antiquaires et brocanteurs utilisent ce therme pour des alliages à base de zinc utilisés dans des épaisseurs plus fines pour fondre des sculptures et statues. Leurs noms véritables sont le zingual et le zamac que l’on retrouve sous l’appellation zinc d’art.
Outre le cout moindre des matériaux par rapport au bronze, il présente la caractéristique d’un point de fusion bas ce qui permet de diminuer les couts de fonte. Néanmoins, contrairement au bronze, la ciselure ne peut être faite qu’à bas point de fusion et est donc beaucoup plus difficile à mettre en oeuvre.
